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Revue
Transdisciplinaire de Plasticité Humaine
Numéro 9
Morphogénèse(s) :
la forme en tant qu’elle se déploie et vit
Louis-José Lestocart est critique littéraire, d'art, de cinéma et commissaire
d'exposition au Ministère des Affaires Etrangères. Il est également archéologue
et mène une réflexion approfondie sur les systèmes virtuels, cognitifs et sur
la complexité. Il anime à ce titre l'atelier 36 " Entendre
l'esthétique dans ses complexités " de l’association MCX et est
consultant au Collège de France au Laboratoire de Physiologie
de la Perception et de l’Action. Louis-José
nous a décrit en détail les territoires où navigue l’Homo virtualis dans Plastir
n°6. Il se focalise dans cet article sur la ou les morphogenèse(s) qui nous
environne(nt), nous façonne(nt)
entrant de plein pied dans un domaine qui nous tient à cœur : la
plasticité des formes. Cette plasticité y est montrée dans son versant
universel lorsqu’elle touche au bios, avec une description passionnante de la
croissance des plantes, des systèmes auto-organisés
décrits par Goethe, Varela ou d’Arcy
Thomson, tous plasticiens par essence dans le sens où nous l’entendons à
PSA (hommes non scindés, mais revendiquant leur approche plastique de
l’évènementiel autant sous l’angle de la science que celui de la poésie).
L’auteur nous montre par une double lecture ce cheminement des hommes qui
observent, théorisent et de la matière qui croît, s’éploie au gré d’une
métalogique qui lui est propre mais dont les incidences morphogènes nous
étonnent comme au premier jour. Il nous en relate aussi l’histoire
intime : de la naturphilosophie à la sémiologie
des formes, des structures de Turing à l’épigénétique
de Waddington, des stratégies évolutives aux langages formels de Lindenmayer, pour enfin aborder les créatures virtuelles.
Il conclue très justement que ces formes sont elles-mêmes une
connaissance, en tant qu’elles se développent (dans les deux sens du terme)
sous nos yeux. Telle une pensée en train de se construire où I'intelligence se
bâtit dans ses tâtonnements mêmes. « L'intelligence organise le monde
en s'organisant elle-même » (Piaget).
A propos
deS apprenants aÎnes - Une
contribution pour défaire les mythes qui entourent la vieillesse -
Madeline Deriaz est artiste peintre, enseignante en arts visuels et doctorante
en andragogie à l’Université de Montréal. Elle a contribué à Plastir n°3 en traitant de la créativité, de
l’éducation artistique, du développement personnel et cognitif. Dans cet
article, elle nous ouvre à la connaissance par le biais d’une démystification
du monde des aînés. Le parcours est minutieux, étayé et très convainquant. Il
montre le mouvement sociétal qui accompagne la montée en puissance d’un nouvel
âge : celui de la grande maturité. Un âge qui a des forces et une grande
fragilité, qui n’hésite plus à transgresser les limites physiques et les
frontières de connaissances toujours renouvelées. Madeline
Deriaz nous décrit cet apprentissage, l’apport
théorique de nouveaux domaines de recherche pédagogiques comme la gérontagogie (en opposition à la gérontologie) dans les
universités du 3ème âge et surtout cette soif inextinguible de
connaissance des aînés. Cette conception s’oppose au « vieillisme » et à la solitude, à la vision de déclin
inéluctable entretenue par nos sociétés occidentales. Elle force le respect et
appelle à un sursaut collectif, à une nouvelle donne éducative dans un
monde où il faudra compter avec les seniors.
Marc-Williams Debono, chercheur en neurosciences et rédacteur en chef de la revue Plastir, aborde dans ce numéro la grande énigme de la nature du temps de la physique à la psychologie. La principale question posée dans cet article est : comment penser un temps dont la nature paradoxale, l’origine, la direction sont si controversés par la physique expérimentale ? La dynamique des systèmes non linéaires - en particulier vivants - et la plasticité cérébrale donnent des pistes de recherche sur la nature intrinsèque du temps. Sur le plan biophysique, il correspond à la corrélation entre une horloge et l'évolution d'un système dynamique comme les réseaux de neurones. Sur le plan psychologique, il est lié à l’émotion qualitative de l’instant. Quant à la réponse, elle est peut-être finalement dans l’homme, à la fois observateur, sujet d’expérience et conscience interactive de l’univers.
Dialogues
des herméneutiques ou dialogues des philosophies du monde
Jean-Yves Leloup est docteur en philosophie, en théologie et en psychologie.
Il enseigne en philosophie ou en anthropologie dans plusieurs universités de
par le monde et a écrit une cinquantaine d’ouvrages faisant dialoguer les
cultures, les religions et les approches de la spiritualité. Autant dire que
son approche des herméneutiques est issue à la fois d’une rencontre des savoirs
et d’une transdisciplinarité vécue. En découle la richesse de ces dialogues
intimes sur les trois intellects (supérieur, passable et faible), la limpidité
avec laquelle Gampopa, sage et philosophe tibétain du
XIIème siècle les analyse au
travers de l’auteur et la façon dont ils sont perçus en Occident et en Orient.
Le corps du texte laisse la parole à Gampopa, tandis
qu’un parallèle est esquissé avec les trois Yanas ou
trois véhicules de la tradition bouddhique Tibétaine. Chaque niveau de
conscience ou de réalité abordé nous conduit à nous interroger sur la causalité
stricte, la ratio et sur la véritable intelligence de
la vie. La solution éthique qui s’en dégage est à la fois transversale, méditative
et porte sur le devenir de l’homme.
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