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Revue
Transdisciplinaire de Plasticité Humaine
Numéro 12
Derek Hodgson est
un éminent spécialiste en paléoanthropologie et en neuropsychologie
évolutionniste. Il explore depuis de nombreuses années des sentiers croisés tels
l’archéologie cognitive, la paléoneurologie et le paléoart, pénétrant de plein pied dans une ère nouvelle
intégrant les connaissances oubliées, qu’elles touchent les aspects
biologiques, culturels, informationnels ou
artistiques. Il s’intéresse plus particulièrement aujourd’hui aux
rapports entre l’art paléolithique et la psychologie de la perception. Ces
travaux montrent notamment comment les facteurs neuropsychologiques et les
réseaux moteurs et visuo-spatiaux du cerveau ont
concouru à l’émergence de l’ethnoarchéologie et de l’art primitif. Derek Hodgson, qui est parrainé
par Anne Dambricourt pour notre revue, a publié dans
des journaux spécialisés comme Cambridge Archaeological Journal, Current Anthropology ou British J. of Developmental Psychology, mais aussi dans des revues plus éclectiques
comme Leonardo, Rock Art Research ou Journal of Consciousness Studies.
Il a également contribué à de nombreux colloques internationaux sur le thème
« Paléoart et neuroscience », notamment au
congrès de l’UISPP de Lisbonne en 2006 et à
l’université de Southampton en 2007. L’article original qu’il nous livre dans
la langue de Shakespeare pour PLASTIR
concerne l’étonnante symétrie présentée par les bifaces Acheuléens; symétrie
ayant donnée lieu à de nombreuses controverses parmi les spécialistes, qu’il
s’agisse de leur morphologie ou de
leur proportion spécifique. Après avoir analysé ces différents points de vues,
l’auteur les rapportent habilement aux recherches actuelles sur la perception
visuelle, nous montrant avec conviction l’importance de la symétrie dans la
reconnaissance d’objets et la perception du monde par les hominiens.
théories
de la « prédiction » -
L’intelligible connaissance esthétique
José-Louis Lestocart est archéologue,
consultant au Collège de France au laboratoire de physiologie
de la Perception et de l’Action, membre de l’association MCX, critique littéraire, d’art et d’essai et commissaire d'exposition au
Ministère des Affaires Etrangères. Il est également un fidèle contributeur de PLASTIR nous donnant matière à réflexion
dans le champ de l’art, de la réalité virtuelle et de la cognition. Il nous présente
dans ce numéro une analyse extrêmement fouillée des théories dites de la
prédiction, abordant, tout comme Derek Hodgson, l’art, la perception, la plasticité cérébrale et
l’esthétique, mais vus sous l’angle de la modernité. Son approche se résume
comme suit : « Perception et sensation du mouvement, devant certaines
œuvres d’art (peintures, films ou vidéos), ne semblent pas pleinement prises en
compte par les approches cognitivistes habituelles. J’ai réalisé une étude de
perception du mouvement pictural sur des peintures originales de Francis Bacon.
(avec Z. Kapoula, directrice de recherches au CNRS)
qui ne m’a pas pleinement contenté; cette étude n’interrogeant pas la sensation
d’un champ spatio-visuel extrêmement élaboré (qu’on
pourrait appeler « futur ») fortement éprouvée lors de ces perceptions. Il
apparaît en effet que certaines œuvres recèlent des parties cachées ainsi «
subodorées » - ou même nettement présentes dans certains films expérimentaux ou
vidéos-, qu’une certaine perception peut dévoiler de façon quasi-instantanée.
Nous voyons dans les théories de prédiction de physiciens de l’université de Santa Fe (Crutchfield
& Shalizi), des interrogations proches pouvant
s’appliquer à l’interprétation et à l’entendement des œuvres. Enfin à propos de
ce processus de déchiffrement s’opérant dans le cerveau en relation avec « sa »
perception, on évoquera brièvement les travaux de Giacomo
Rizzolatti. et les capacités
d’imitation et de simulations des actions des neurones dits ‘miroirs’ ».
Jules Verne ou le merveilleux géographique - le superbe orenoque
(1898) -
Lionel Dupuy est
doctorant en géographie, enseignant et historiographe de l’œuvre de Jules
Verne. Il nous a présenté dans les précédents numéros de PLASTIR (VI, VIII & X) toute l’originalité de son approche sur
les aspects initiatiques, sémiotiques et temporospatiaux
de l’œuvre vernienne. Il nous livre ici le quatrième
volet de son analyse en ces termes : « Les Voyages Extraordinaires
de Jules Verne se situent parfaitement à l’interface entre Littérature et
Géographie. A ce titre, il est intéressant de remarquer à quel point ces
derniers participent de ce que nous pouvons définir comme le merveilleux
géographique. Cette analogie, issue de la typologie établie en Littérature
par Tzvetan Todorov, permet de mieux mettre en valeur
comment Jules Verne passe d’une Géographie scientifique, réelle, à une
géographie plus imaginaire, fantastique dans ses romans. Dans cette
perspective, l’analyse fine d’un des derniers chapitres du roman Le Superbe
Orénoque (1898) permet d’illustrer comment l’auteur articule ce merveilleux
géographique dans le cadre d’une aventure fondamentalement à mi-chemin
entre Littérature et Géographie, entre réel et imaginaire ».
introduction au rêve de Diogène de Sinope
Rémy Bastide entre en sculpture sur le chantier
du grand Louvre en 1991 après un premier cycle d’histoire à Paris X. C’est un
tailleur de pierres qui suit un parcours onirique singulier - le rêve de
Diogène - depuis son apprentissage, se parfaisant au gré des commandes et des
chantiers. Ses œuvres : Prototype de
poupée (1995), Le voyage sur la mer
de nuit (1993) où Diogène apparaît rêvant, Le jeu 1999 : première exposition, Ornementation serpent et acanthe : seconde exposition et
parallèlement reconstitution de l’image rêvée par Diogène avec La table de l’homme (2006), Modèle de Nagâ
en 2007 : http://www.remybastide-sculpteur.fr/. Il a aujourd’hui un objectif clair : reconstituer
le rêve du philosophe en grandeur nature. C’est pourquoi sa contribution à PLASTIR constitue plus qu’un témoignage
littéraire, un véritable appel à collaboration aux associations
transdisciplinaires et aux institutions qui voudraient soutenir son projet. PSA
est de ceux-là et vous présente cette rencontre entre Rémy Bastide le sculpteur
et le regard de Diogène, ou plus précisément « le rêve flottant devant les
yeux de Diogène » selon ses propres dires. L’auteur nous présente ainsi la
genèse de la La table de l’homme, ce qu’il souhaite en
faire : un espace interactif, dédié à la connaissance, où chercheurs et
artistes pourront converser sans scission, sur le mode ludique, transgénérationnel et de « la réconciliation entre
Diogène et Prométhée ». Suit la proposition concrète de réaliser en
grandeur nature cet espace onirique ouvert, diverses clefs de lecture et
un descriptif des acteurs potentiels de ce grand projet: « la grande
industrie », la scénographie, le travail de sculpture, l’œuvre collégiale.
Le jeu est amorcé. Son terme est fixé au 21 juin 2010. A nous, à vous de saisir
la balle au bond ! (Veuillez contacter PSA pour toute proposition)
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