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Revue
Transdisciplinaire de Plasticité Humaine
Numéro 11
Carl Friedrich
von Weizsäcker, grand penseur de la globalité
Régine Detambel est écrivain, poète, essayiste, auteur d’une quarantaine
d’ouvrages, parmi lesquels Le Jardin clos (1994), La Verrière (1996), Pandémonium (2006), romans
parus chez Gallimard, ou encore Petit éloge de la peau (Folio,
2007). Elle a publié en début d’année Notre-Dame des Sept Douleurs chez
Gallimard et un essai intitulé Le Syndrome de Diogène, éloge des vieillesses
chez Actes Sud. Son œuvre étant habitée par la plastique des corps (livres
précités, essai publié chez J-M place en 2007 sur « le poète épithélial
» Bernard Noël, essai « Tremblement d’écrire » à
paraître chez Acte Sud en 2009), elle nous livre pour Plastir
un texte très original sur les « verbo-moteurs »
ou sur ce qui meut « le corps de l'auteur, l'auteur marcheur (Nietzsche),
l'auteur malade (Queneau, Bernhard, Michaux), l'auteur ivre ou drogué, mais
toujours le corps de l'auteur écrivant et non pas sa main, sa tête (Mallarmé, Guyotat) ». Elle introduit par ce biais une métrique
poétique, un rapport sensoriel direct entre le pied des écrivains-marcheurs
articulé par les axones les plus lointains de l’ordre intimé par leur haute conscience
et cette foulée magique qui accouche de textes dynamiques, projetant en avant.
Ainsi son propre travail d’écriture qu’elle introduit de la sorte dans un
article publié le 11 Janvier 2008 dans le Monde des Livres : « A la
main ou à la machine ? Clavier ou papier ? Le matin ou le soir ? » Personne
encore ne m'a demandé si je travaillais plutôt accroupie ou couchée sur le
flanc, ou encore dressée sur le trépied formé de mes épaules et de ma nuque,
tête en bas et mollets croisés, comme un yogi. Depuis l'expérience du pupitre
scolaire, tous semblent convaincus qu'on ne peut penser et écrire qu'assis. On
ne tient guère compte du corps de l'auteur, ramené à la posture de l'élève
avachi. Pourtant Nietzsche et Giono étaient des marcheurs et non des attablés.
Ils entretenaient un foyer de mouvement dans la région des jambes ».
Pour en savoir plus : http://www.detambel.com
Mariana Thiériot Loisel, philosophe, Ubiratan D’Ambrosio
professeur émérite de mathématiques & Marc-Williams Debono,
neurobiologiste vous présentent un second essai écrit en commun après celui
paru dans Plastir n°8. Cet essai met l’accent sur la
problématisation du savoir transmis par les philosophes, les pédagogues et les
enseignants. Comment relier efficacement les savoirs ? Comment ne pas
assimiler métaphoriquement les champs disciplinaires à des cages dont on ne
pourrait s’échapper que par le biais d’une translation (D’ambrosio) ?
Translation textuelle à l’image du tertium ou
du degré zéro de Barthes; translation créative à l’image des sculptures de
Giacometti qui selon ses propres dires sont la représentation d’autre chose
qu’elles-mêmes, l’objet même du savoir; translation disciplinaire appelant un
tiers inclus selon Camus et Nicolescu;
translation maïeutique enfin où l’altérité joue le rôle d’accoucheur du poète
en perdition. D’autres alternatives existent pour éviter le piège du monologue
ou de l’enfermement. Etablir un rapport négatif au pouvoir (idiorythmie de
Barthes), favoriser la co-émergence du savoir ou encore le discernement naturel
de la pensée (Hannah Arendt), l’essence du discours et son double (Derrida).
Toutes ces portes de sortie indiquent la prévalence du dialogue et la nécessité
d’un véritable contrat de nature pédagogique (Thieriot).
Un contrat qui n’oppose pas philosophes et pédagogues, mais veut « développer
l’art de poser des énigmes,
de circonscrire le mystère, d’érotiser la connaissance »
selon la tentative subversive de Philippe Meirieu. Un
contrat qui veut dialectiser dans le sens d’un exorcisme et voir les
métamorphoses du sujet comme des objets du savoir s’opérer. Ce n’est qu’à ce
prix qu’un autre cap peut voit le jour selon Derrida, un cap où la société
pourra vivre le contrat pédagogique plutôt que de s’engoncer dans ces paradoxes
et de consommer à outrance la fracture sociale (Filloux).
Un contrat, non pas moraliste, mais faisant sienne les prérogatives du sujet en
l’incluant naturellement dans la plasticité du monde (Debono),
en ouvrant des entre-deux-voies singulières où il
acquiert les savoirs en s’automodelant, en
co-naissant, en liant de façon inextricable ses affects au projet commun de
l’humanité dont les enjeux éthiques demeurent cruciaux pour notre avenir.
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Henri Bosco, conteur « de Provence et du
monde »
Roger Buis est professeur émérite en biomathématiques de l’université de Toulouse et membre fidèle de PSA. L’article qu’il nous propose fait suite à une premier essai sur le conteur Henri Bosco paru dans le n°2 de Plastir où il nous traçait les grandes orientations littéraires du poète provençal au travers d’œuvres comme Malicroix ou le Mas Théotime. Il nous présente ici un second volet de la biographie de Bosco et de ces deux œuvres sous un angle plus intimiste, presque psychanalytique où on suit l’histoire des personnages qui se cherchent à la fois dans l’introspection et dans le regard que Bosco porte sur « les âmes et sur le monde ». Roger Buis nous fait ainsi découvrir un Bosco encore méconnu qui dépasse de loin les frontières provençales et nous fait pénétrer les arcanes de l’écriture au travers du conte. Conte qui tisse un lien indissoluble entre le poète et nous, qui tient du rêve éveillé et du symbolisme des grands archétypes de notre imaginaire existant entre l’écrivain Henri Bosco et le philosophe des sciences Gaston Bachelard (l'homme du poème et du théorème) » dixit l’auteur. Pour en savoir plus : http://henribosco.free.fr
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